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 exemple d'une fiche sur un forum rpg

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Mew

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MessageSujet: exemple d'une fiche sur un forum rpg   Jeu 16 Aoû - 21:47

    °o0 Biographie du personnage 0o°

    Ø~ Histoire :

    °oO Chapitre 1 : Oo°

    New York. Et si la guerre n’avait pas étendu son voile meurtrier sur la ville, aurais-tu grandi encore et toujours, tes bâtiments se tendant comme des assoiffés en manque d’eau vers le ciel ? New York, toi qui as été tellement blessée, toi qui a vu le ciel se teinter de rouge et de fer, toi dont les membres ont crié à l’agonie, répandant autour de toi une fumée, la fumée de tes promesses de vengeance autant que la fumée des bombes ennemies, savais-tu qu’il naîtrait ce jour-ci, un jour si ironique car si discret ? New York, ville peuplée comme une fourmilière écrasée, toi qui a été reconstruite de manière si rapide, si basique par faute de moyens, pensais-tu qu’un jour tu serais aussi modeste ? Tu as perdu Central Park, Wall street et tout ce qui faisait de toi une ville renommée. Tu as perdu ton honneur, le symbole même de ton être. La Statue de la liberté mutilée à jamais, remplacée par ce globe de ver translucide qui ne signifie rien pour toi. Tu as offert tes ruines fumantes, horrible spectacle de désolation et de mort, jusqu’à ce que l’humain n’essaye de cacher ses erreurs, laissant en tout et pour tout de ton ancienne gloire, un parc et ces anciens quartiers pauvres laissé tels quels. New York, aimes-tu tes nouvelles tours, ces vitres en verres qui, toutes de la même taille, nous font penser à ses prothèses qu’on pose aux personnes qui ont perdu leurs membres ? New York, je sais que tu pleures, que la nuit, les spectres de ton ancienne vie reviennent voler parmi tes nouveaux quartiers riches, se dirigeant avec tant de lamentations vers ces vestiges oubliées où vivent certaines personnes différentes. New York, voudrais-tu te joindre à eux, ces exilés, ces victimes de la guerre, qui comme toi, ont perdu gloire et membres ? New York, pleureras-tu le passé avec les mutants ?

    New York, toi qui as vu naître Nate Sylver…



    Les larmes de l’illustre capitale tombaient forts ce jour-là. Formant un rideau d’eau, presque infranchissable, elles semblaient refuser le simple fait qu’on puisse encore dégrader l’endroit, avec des sales pattes d’animaux. C’est un jour de lutte comme celui-ci que naquit Nate. Un 29 février, de l’année 2211. Cette date était presque ironique. Une date facile à retenir. En tous les cas, la mère du mutant ne l’oublierait jamais, y repensant jusqu’à sa mort. Assise au bord de sa fenêtre, qui semblait avoir légèrement fondu après un évènement dont elle n’aurait jamais l’histoire, elle caressait lentement son ventre, son regard azur perdu dans le vide. Parce que, ce bébé qu’elle portait en elle, cet enfant qu’elle mettrait bientôt au monde, il était tout ce qu’il lui restait. Elle s’appelait Sarah. Mutante, exilée, mise à l’écart depuis sa naissance, elle n’avait pas de nom. Sa famille l’avait reniée, l’envoyant marcher dans les rues alors que ses pieds réclamaient encore le chaud contact d’une poussette. Errant avec un adulte, lui aussi mutant, elle avait grandi, apprenant la rudesse autant que les avantages d’une vie au grand air. Et quel était le pouvoir qui l’avait condamnée de la sorte ? Sarah volait. Sarah pouvait rejoindre les oiseaux, et sûrement les anges. Du moins, c’était ce qu’on lui avait toujours dit. Ma douce, lui disait-on, tu es un ange tombée du ciel. Elle avait toujours adoré cette phrase. Jusqu’à ce jour. Un jour où l’ange avait atteint l’âge de 16 ans, elle avait bien failli se faire arracher les ailes. Marchant tranquillement dans les rues de France, des rues plus préservées qu’ici, elle avait été accostée par un homme saoul. Mais, pourquoi n’aurait-elle pas pu le pardonner ? Dans cette époque difficile pour les uns autant que pour les autres, pour des raisons différentes, se noyer dans l’alcool semblait une échappatoire raisonnable. Elle n’avait donc pas répondu, et avait continué sa route tranquillement, après un petit sourire. Seulement, l’alcool semblait avoir rendu téméraire son homme. Il avait retenté, essayé tant bien que mal de la séduire, puis, lorsqu’il comprit que ce n’était pas la peine, tenta de la violer. Dans les années 2100, les années d’avant et après la guerre, le viol avait atteint son apogée. Seulement, Sarah ne voulait pas faire partie de cette majorité de pourcentage qui finissait détruite par cet acte répugnant. Elle s’était envolée. De la France, elle avait volé jusqu’aux Etats-Unis, changeant de terre sans aucun remords ni aucun contrôle sur son itinéraire. Heureusement pour elle, le destin fait bien les choses. Arrivée à New York, elle réussit à refaire sa vie avec des conditions presque meilleures. Mais, la chose la plus importante, l’évènement qui donna un sens à sa vie, fut le jour où elle rencontra Peter. Peter était comme elle. Peter était un ange. Il volait. Combien de fois avaient-ils partagé l’azur, comme ils avaient partagé des regards lourds de sens ? Combien de fois avaient-ils partagé leurs vols jusqu’à partager leur amour ? Il y avait tant de moments que Sarah avait passé avec Peter qu’il lui semblait impossible de les compter. Seul importait l’Américain. L’adolescent, avec ses sourires douloureux, son regard éteints qui s’illuminait lorsque Sarah riait, ses longues mains, ses lèvres invitations aux baisers… Ils s’aimaient. S’aimaient tellement fort qu’ils avaient oublié le fait qu’ils étaient rejetés, considérés comme des monstres. Dorénavant, Sarah ne l’oublierait plus. Peter était mort. Assassiné. Qui, de la tristesse d’être rejeté pour une faute qu’il n’avait pas commise ou du couteau de l’humain colérique l’avait le plus blessé ? Qui, entre le fait que Sarah était en vie et enceinte et le fait que ce ne soit pas elle qui doive endurer toute cette sauvagerie l’avait le plus réconforté pour qu’il se joigne aux âmes de New York avec le sourire ? Elle ne savait pas. N’avait jamais su, et ne saurait jamais. La Française n’avait pas cherché à savoir, puisqu’elle était morte elle aussi ce jour-là. Son cœur s’était envolé, envolé si haut et si loin, emportant avec lui ce maudit pouvoir qu’elle avait partagé avec Peter, qu’elle n’avait pas pleuré. Unique et parfaite, une seule larme avait coulé sur sa joue pâle, cachée aussitôt par l’assaut d’une brise dans sa chevelure blonde. Pleurs cachés par ses yeux bleus fermés, sa main posée sur le front de Peter. La suite n’était qu’un trou, l’impression de sombrer, jusqu’à ce jour-ci. Ce trou dont la seule lumière semblait émaner de son nombril. Sarah, douce Sarah, était arrivée au point d’arrivée de sa vie avec Peter.

    Et aujourd’hui, sa vie prendrait ce nouveau départ dont elle avait tant besoin. Aujourd’hui, Nate viendrait se battre à son tour pour vivre. Il était étrange de voir comme on pouvait autant penser dans des moments calmes avant un défi de notre vie. Sarah, n’avait pas vu le temps passer. Les yeux posés sur le verre fondu, les yeux posés sur un film du passé qu’elle ne pouvait changer, les yeux embués. Il fallait être forte, vivre, se ressaisir. S’empêcher de tomber, de vouloir rejoindre Peter. La pression de sa main sur son ventre s’affermit. Pour l’instant, alors que Nate était là, bien présent dans son propre corps, c’était comme s’il était devenu ce cœur qui s’était envolé. Et elle avait peur qu’une fois ce nouveau cœur sortit d’elle, la force de vivre ne la quitte. Mais c’était impossible n’est-ce pas ? Même si l’hôpital ne possédait pas tout ce matériel moderne, ce matériel qui vous assurait un accouchement sans aucun problèmes, il y avait quand même une multitude de soins qu’on pouvait lui apporter, et la sage femme qui s’était occupée d’elle était assez gentille pour l’aider à remonter cette pente qu’elle apercevait non loin à l’horizon. Sarah retenait ses larmes. Des larmes d’appréhension, de courage, des larmes qui vous font autant de mal que de bien. Seulement, comment aurait-elle pu retenir cette unique larme de bonheur lorsque son bébé s’était manifesté, là où sa main était posée ? Il y avait une certitude ici. Nate allait bien. Nate était heureux. Nate arrivait bientôt…

    Sarah s’endormit rapidement, ayant regagné son lit aux draps bleus…

    // Peter to Sarah :

    « Sarah,
    Sarah, quand je te voie, je sais qui est moi,
    J’aurais aimé rester éternellement auprès de toi, pour glisser mes mains dans tes cheveux blonds. La blondeur de tes mèches me rappelle ces champs de blés imaginaires que je me présentais lorsqu’on me racontait des histoires du passé. Tes yeux bleus ont emprisonnés la pureté du ciel sans nuage que nous arpentons parfois. C’est fou, lorsque tu souris, tout ton être souris. Toi, tu n’es jamais triste, tu as toujours l’espoir. Lorsque tu parles, même la terre semble t’écouter. Sarah est douce, c’est une danse sensuelle.
    Sarah, tu es belle même quand il fait nuit,
    Parce que j’aime quand nos corps s’entremêlent, quand parfois j’ai l’impression que tu es moi. J’aime quand tes sourires ne sont que pour moi. Sarah, tu sais comment faire pour que je me sente en vie. Tes doigts chauds sur mon corps, ils font frémir chaque fibre de mon être. Sarah est douce, c’est la raison de ma vie.
    Sarah, tes larmes sont l’apocalypse de mon cœur,
    Quand mon cœur saigne, c’est toi qui refermes les plaies. Quand je suis à l’agonie, c’est ton visage qui m’apparaît. Quand je m’endors, je sais quel est l’ange qui veille sur moi. Et en même temps, Sarah, je veux te serrer dans mes bras quand tu ne souris plus. J’aurais voulu être celui qui t’aurais soulevé, écarté de tous ces problèmes qui t’atteignent aussi fort. Sarah, la vie est injuste. Elle ne m’a même pas laissé une dernière étreinte avant que je ne m’éteigne. Et, je n’aurais jamais pu être celui qui te protégerait. Sarah a toujours été ma héroïne, ma drogue autant que ma sauveuse. Sarah est douce, c’est ma Sarah.
    Sarah, douce Sarah, ne monte pas trop haut dans le ciel. Ange, je pourrais bien t’arracher à la Terre pour te garder contre moi pour toujours…
    Je t’aime, Sarah » \\


    Deux mains sur son épaule. Comment deux mains pouvaient-elles être aussi douce et en même temps, avoir la force de la tirer de ce sommeil neutre dont elle avait tant besoin ? Sarah ne savait pas. Et là, allongée en position fœtal, la respiration douce et l’esprit encore à la frontière des rêves, elle sourit. Cela faisait longtemps qu’on avait pas eu un geste amical envers elle. La mutante voulait voir qui lui avait fait cette faveur. Qui avait réconforté la future jeune maman ? Doucement, elle chassa le voile de la fatigue et se redressa, son doux sourire toujours collé aux lèvres. C’était une femme. Une grande femme à l’allure osseuse, au visage sévère. Une femme qui portait une blouse blanche fermée sèchement jusqu’au cou. Une doctoresse qui lui adressa un sourire tel qu’elle parut la plus gentille du monde. Sarah porta une main à son ventre alors que ses yeux s’écarquillaient et qu’elle ouvrait la bouche dans un petit rond d’enfant surpris.

    « Désolée de vous réveiller. Il faut que nous vous transférions dans la salle d’accouchement pour que l’on commence à vous immuniser contre les risques »

    Sarah se leva, exposant son ventre en forme de ballon au reste du monde, comme l’étendard de sa volonté. Ses cheveux blonds s’éparpillèrent sur son cou tendu et elle suivit gauchement la femme dans les couloirs étroits de l’hôpital. A chaque personne qu’elle croisait, l’ange avait ce sentiment étrange de réconfort. Parce qu’elle savait parfaitement que tout le monde aussi était un mutant. Qu’ils s’entraidaient tous pour survivre. Qu’ils s’entraidaient tous à New York. Ville des lamentations autant que de l’espoir. Du moins, pour elle.

    « Vous volez ? Il me semble vous avoir déjà aperçu dans le ciel »

    Deux grands yeux verts. Des yeux francs, un peu trop durs pour Sarah qui mit un temps avant de s’habituer à ce qu’on aurait pu prendre pour de la froideur. A la question anodine de la doctoresse, elle répondit par un petit rictus, un rictus dénué de joie. Puis, Sarah parla.

    « Je ne vole plus cependant… »

    Elle détourna les yeux, les posa sur le côté, cherchant cet azur qu’elle connaissait comme sa poche. Aurait-elle prévu qu’un jour, la vue du ciel lui serrerait autant le cœur ? Que la vue d’un nuage lui donnerait cet air nostalgique poignant ? L’ange ne savait pas. Elle ne demanda pas ce qu’était le pouvoir de la femme osseuse. D’après Sarah, elle aurait bientôt l’occasion de le voir à l’œuvre…

    Finalement, après avoir arpenté en silence des couloirs de plus en plus sombres, les deux femmes étaient arrivées devant la salle d’accouchement. Sarah était fatiguée. On l’avait allongée sur une sorte de lit blanc, mais beaucoup moins confortable que celui de sa chambre. Puis, un énorme anneau blanc s’était promené autour d’elle, scannant son corps sous les moindres coutures. Les infirmières se concertèrent, piaillèrent tellement bas que l’ange ne put les entendre. A moins qu’elle ne soit pas assez en forme pour prêter une attention assez accrue à leurs paroles. Quoiqu’il en soit, elle eut bientôt des nouvelles. Tout allait parfaitement bien. Le petit semblait être pressé de venir au monde. Sarah serra les dents. C’était presque une mauvaise nouvelle. Elle avait peur. La doctoresse sembla remarquer cette crispation, puisqu’elle sourit et annonça qu’on commencerait à travailler dans deux heures. Deux heures, pendant lesquelles Sarah ne verrait pas le temps puisqu’on lui donnerait des médicaments et qu’elle pourrait dormir. A peine la femme osseuse eut-elle fini son discours que la blondinette fermait les yeux et s’endormait…

    Sarah ne savait pas si les médicaments avaient fait effet. Elle ne se sentait pas différente, ne se sentait pas anesthésiée ni rien. Alors, c’était ça la technologie ? Ou bien, aurait-elle mal ? D’autant plus qu’elle se sentait plus réveillée qu’avant. Sa petite sieste l’avait bien reposée, et elle se sentait prête. Elle voulait le voir. Voir ce bébé, l’enfant de Peter et elle. C’était étrange comme d’un coup, Nate lui paraissait plus réel. Elle commençait à l’aimer, l’aimer si fort qu’elle était pressée de souffrir pour le voir. Pour lui montrer le monde. L’ange voulait emmener son enfant dans le ciel, lui montrer les oiseaux, lui montrer ce que son père aimait, ce qu’elle aimait. Elle voulait son enfant. Se redressant légèrement, Sarah chercha dans la pièce la doctoresse. Qu’elle trouva bientôt. Celle-ci se dirigeait vers elle, son sourire réconfortant toujours collé aux lèvres.

    « Nous allons commencer. Il veut vous voir.»

    Et ce n’était pas un mensonge. Plus tard, on lui apprit que la femme qui s’occupait d’elle avait comme pouvoir de percevoir sous forme d’images ou odeurs mais jamais de paroles claires, les pensées des enfants jusqu’à leurs deux ans. Nate voulait réellement la voir. Sarah en aurait presque versé une larme si elle n’avait pas eu cette soudaine poussée de volonté et hochée la tête, décidée.

    Ils avaient placé le matériel autour d’elle. Seulement, elle n’avait pas assez de lucidité pour comprendre tout ce dont ils allaient user sur elle. Les contractions avaient débutés de manières si abruptes, si fortes, qu’elle n’avait pas compris au début. Cela ne lui avait pas fait mal. C’était juste comme un battement de cœur plus fort que tous les autres. Et lorsqu’on avait commencé à lui donner des instructions, elle était rentrée dans une sorte de transe, une concentration ultime. Cela avait duré longtemps. Le temps passait devant elle comme une mèche de bougie brûlant sous ses yeux voilés. Elle avait poussé, respiré, encore poussé. Jusqu’à ce que les infirmières affirment voir la tête de son enfant. De son garçon. Sarah, la douce Sarah avait trouvé une force en elle, la force sauvage d’une mère décidée. Et bientôt, les petits cris de son bébé résonnaient dans la salle. Etrangement, il ne pleurait pas. C’étaient comme des petits gazouillements, des petits cris d’oiseaux. Il allait bien. Sarah perdit sûrement connaissance à ce moment-là. Ou alors, son organisme se reposa, attendant qu’on en finisse avec l’enfant pour se réveiller. Et lorsque les maigres bras de l’ange se refermèrent sur le bambin au corps si chaud, si plein de vie, alors que la doctoresse disait qu’elle était fière, que la sage femme assurait que c’était un beau garçon, Sarah adressa une prière silencieuse à Peter.

    Bienvenue, Nate. Puisse ta vie être plus clémente que celle de ta mère, celle de Sarah, l’ange malheureux.

    Il gazouilla, ses yeux fermés braqués sur elle. Sarah n’avait plus peur. Sarah voulait vivre. Sarah voulait que Peter soit fière d’elle et de Nate. Nate qu’elle aimait tant…

    Sarah to Peter

    « Peter
    Peter, souris moi encore une fois,
    Je ne me lassais pas de voir tes cheveux noirs s’emmêler devant toi durant nos vols. J’aimais lorsque ton regard, cette mer sombre, se posait sur moi avec cette force. Il me manque ce soutien de ton corps brûlant, l’appui de tes certitudes et la force que je prenais dans tes gestes lents. Pourquoi m’a-t-on arraché si brutalement ma volonté ? Comment puis-je marcher sur notre chemin sans toi ? Peter a peur, ne pleure pas
    Peter, mon fragile ange
    Toi qui avais souvent froid, toi que je serrais dans mes bras. Toi qui étais fragile, tu étais pourtant celui qui me prenait dans ses bras réconfortant lorsque je tremblais. Je ne supportais pas quand tu étais trop loin. Tu avais peur que je tombe, j’avais peur que tu trembles. Et nos doigts entrelacés, et nos cheveux entremêlés, et nos chuchotements mêlés, c’était là que nous nous sentions le mieux. Peter, tes bras étaient la maison dont j’avais besoin. Peter a peur, ne pleure pas
    Peter, ta voix grave résonne encore dans ma tête
    Comme une mélodie, j’entends de nouveaux ces paroles, ces doux mots qui étaient pour moi. Si lorsque je me réveille j’ai rêvé, c’est que tu étais dans mes songes. Si je souris, c’est parce que tu es heureux. Et si tu pleures, je ne peux que te réconforter. J’aimais être celle contre qui tu t’abandonnais. Peter a peur, ne pleure pas
    Peter ne t’envole pas trop loin de moi, ne me laisse pas seule dans cette ville trop grande, laisse moi au moins penser à toi jusqu’à notre prochain vol…
    Je t’aime, Peter »


    New York vit petit à petit ses ruines reprendre un aspect habitable. En même temps, les mutants ne trouvaient le repos qu’entre ces bâtiments abandonnés. Avant d’aller à l’hôpital de ce qu’on appelait « Old NY », Sarah habitait dans une ancienne maison, avec Peter et deux autres mutants. Elle ne savait combien ils étaient en tout dans leur partie de ville. Seulement, la communauté était bien là, présente. Et elle aurait pu fleurir et grandir, si les humains des tours de verre ne venaient pas en bandes pour les défier, les tuer à coups de couteaux sales. C’étaient ces adolescents, fils et filles de riches habitants, qui avaient tué Peter. Et lorsque Sarah sortit de l’hôpital, Nate serré dans ses bras, ce furent ces mêmes adolescents qui s’approchèrent d’elle, leurs visages étirés dans un rictus cruel, leurs mains refermées sur des engins coupant, des engins qu’on utilisait plus de nos jours que pour ces actes mesquins. Il y avait un temps où Sarah se serrait presque jetée sur ces couteaux, réclamant la mort pour rejoindre son amant. Seulement, les gazouillements de son enfant dans ses bras lui donnaient une force inexpliquée. Et lorsque les couteaux tentèrent de mordre sa chair, l’ange prit son envol. Elle qui avait toujours cru qu’elle n’userait plus de son pouvoir sentait ses pieds quitter le sol, ses cheveux jouer avec le vent. Elle rentrait. Chez elle, Stan et Maria l’aideraient à protéger Nate. Confiante, elle inclina son corps vers l’avant et prit progressivement de la vitesse. Les minuscules doigts de son bébé refermés sur sa main, une couverture bien chaude autour de lui, Sarah sentait tout cela. Elle sentait le poids de la responsabilité en même temps que le bonheur d’être mère. Elle se sentait vivante…

    Elle atterrit bientôt devant sa maison. Les murs étaient sûrement originellement blancs. Seulement, la guerre, les débris et la poussière les avaient rendus marron, noir, craquelés. Le toit possédait quelques trous, moins que la plupart des bâtisses avoisinants la sienne cependant. Et la porte avait été changée. De bois, elle était devenue acier. Prouesse d’un mutant de la communauté. Sarah s’élança et toqua maladroitement sur cette barrière en acier qui l’empêchait de mettre son enfant à l’abri. Derrière elle, des cris retentissaient. Ils devaient être plus que d’habitude, pour persévérer autant et inquiéter les mutants au point que les rues étaient désertes.

    « Qui est-ce ? »

    La voix de Maria. Chaude, grave pour une femme, elle avait ce don d’enserrer le cœur de Sarah. Cette voix aurait pu être celle de sa mère si elle l’avait aimée. Enfin, il n’était pas temps de réfléchir à cela. L’ange jeta un bref coup d’œil derrière elle et répondit

    « Sarah, je suis sortie de l’hôpital

    - Oh ! Tu aurais du nous faire avertir, on serait venu te chercher ! »

    La porte d’acier s’ébranla, comme quelques géants de pierre ancestraux. Bientôt, la blondinette sautait à l’intérieur de chez elle, et une autre blondinette moins maigre refermait, plongeant l’entrée dans une obscurité relative. Lorsqu’elles furent bien sures que personne ne tentait de braver la porte, elles s’enserrèrent, Sarah présentant Nate à son amie.

    Maria donna naissance à un petit garçon deux ans après la naissance de Nate. Calvin. Très vite, les deux enfants devinrent copains de jeux. La vie des habitants de cette maison sembla aller bien durant quelques années. C’était sûrement grâce à Stan, qui avait le pouvoir de rendre les choses invisibles. Ainsi, dès que la troupe sortait, elle était invisible aux yeux des indésirables. Il y avait comme consigne de ne jamais sortir sans le mari de Maria. Sarah n’en pouvait cependant plus. Vivre sous le toit de ce couple si uni lui faisait mal. Et même lorsqu’une nouvelle colocataire arriva chez eux, Sarah ressentit toujours ce malaise. Mais mis à part cela, tout sembla aller pour le mieux. Jusqu’à ce jour. Un jour funeste, le jour où l’ange découvrit le pouvoir de son fils. Et mourut dans ses bras. Le jour de l’anniversaire de mort de Peter…

    Pourtant, il avait fait beau ce jour-là. Comme si Peter était reconnaissant à Sarah de toujours l’aimer autant, d’élever Nate avec tout son amour. Le soleil brillait fort dans l’azur d’un ciel dépouillé de nuages. L’ange avait hésité longtemps avant de prendre sa décision. Elle irait sans Stan. Il n’avait pas à supporter le poids de sa douleur. Le poids de cette plaie encore à vif, béante, qui menaçait encore de la faire tomber. Elle s’était extirpée de son lit, très tôt le matin. Un sourire flottait encore sur son visage, souvenir de la soirée qu’ils avaient passé eux trois à discuter autour de l’unique table de la maison. Lentement, silencieusement, elle s’était glissée jusqu’au lit de Nate et l’avait réveillé en le secouant doucement. Il avait ouvert les yeux lentement, sans émettre aucun bruit, mais en s’étirant longuement. Il était au courant de ce qu’ils allaient faire aujourd’hui, mais pour lui, c’était un jeu. Le jeu des espions qui devaient éviter Stan. Le mutant se prépara rapidement, enfilant des vêtements au hasard et ébouriffant ses cheveux de jais, aussi noirs que ceux de son père. Sarah se leva rapidement, enfila ses propres vêtements et attendit son fils devant la porte d’acier. Il arriva rapidement, un doux sourire collé à son visage endormi. Le plus dur arrivait. Il faudrait qu’ils ouvrent la porte d’acier sans faire de bruit. Durant la semaine, Sarah avait étudié cette porte que Maria avait créée. Il faudrait qu’elle lève la porte avant de l’ouvrir. Ce serait difficile avec sa musculature presque inexistante. Seulement, l’ange tenta le coup. Ses doux bras se posèrent sur la porte et la souleva en grimaçant. Nate sauta sur la poignée, la tira vers lui et ensembles, ils tirèrent. La porte avança. Sans un bruit. Le petit sourire de Sarah s’étira légèrement et elle et son fils sortirent rapidement. Ils refermèrent derrière eux. Puis, l’ange prit Nate dans ses bras et elle s’élança dans l’azur. Le cimetière de New York accueillait mutants comme humains. Un immense parc, entouré d’une haie impressionnante, une haie qui avait survécu à la guerre. Les pierres tombales se succédaient, en lignes parfaites. Parfois, quelques monuments tranchaient avec cette symétrie dérangeante. Des tombeaux venant d’un temps que l’on ne comprenait plus. Sarah aurait voulu bâtir un monument pour Peter. Mais, comment pouvait-on attraper l’azur et les nuages pour les muer en pierre ? C’était totalement impossible. Alors, Peter n’avait qu’une pierre tombale, une croix dédiée à ce Dieu en qui il ne croyait pas. C’était déjà ça. Sarah aurait voulu que Peter revienne au ciel. Qu’il puisse s’envoler encore une fois. Mais elle n’avait pas eu son mot à dire là-dessus. Les mutants ne parlaient pas, ils acquiesçaient. En tous cas, elle ne manquait pas d’apporter sa petite touche personnelle à cette croix. Des fleurs, des photos. Un collier…

    Les petits pieds de Sarah touchèrent la terre avant même que Nate ne rouvre les yeux. Le petit garçon ouvrit de grands yeux en reconnaissant l’endroit. En cinq ans d’existence, il avait foulé ce sol quatre fois. Cinq avec ce jour-ci. Comme à chaque fois, il levait la tête, observant sa mère de ses grands yeux sombres. Cette année, il posa une question.

    « On va voir papa ? »

    Comment l’avait-il compris ? Sarah ne le su jamais. Parce que lorsqu’elle ouvrit la bouche, le monde de Nate se teinta de rouge. Un coup de couteau. L’ange tomba au sol, la main plaquée sur l’autre, son sang se versant comme une promesse macabre sur l’herbe verte, tranchant d’une manière que l’enfant trouva horrible. Effectivement, Sarah allait voir Peter… Docile, Nate se baissa, enserra sa mère comme il le pu, pleurant silencieusement. Ce ne fut qu’à ce moment qu’il remarqua le groupe d’adolescent au sourire cruel. Celui du milieu, celui qui tenait un couteau goûtant encore du sang de sa mère, ne laissa à personne le temps de réfléchir. Son couteau trancha l’air avant de trancher la chair de Sarah. Sarah gémit. Sarah pleure. Sarah leva les yeux vers Nate. Elle ne voulait pas le laisser là, tout seul avec ces humains cruels. Douleur. Il lui avait tranché le dos, pile à l’endroit où se trouvait son cœur. Sarah saignait. Beaucoup trop. Et à ce moment, elle vit clairement les sourcils de son enfant se froncer. Il marmonna quelques mots, puis dit à sa mère, en souriant

    « Je vais leur amener Maman de l’autre monde »

    Sarah ne comprit pas. Ce ne fut que lorsque un exact reflet d’elle-même se leva de l’endroit où ils étaient. De manière irréelle, du sang, illusion, coulant de ses fausses plaies béantes. Elle se vit se lever, zigzagant comme une ivrogne, et se mettre à courir, droit devant elle. Elle vit le groupe d’adolescents écarquiller les yeux puis la suivre. Elle vit Nate qui pleurait et lui souriait, d’un air résolu si frappant.

    « Maman, tu diras à Papa que je l’aime aussi ? »

    Sarah prit un air dernier envol, vers l’au-delà. Son corps déjà froid serrer contre celui de son fils, celui d’un enfant trop mature pour son âge. Celui de Nate, qui s’enfonçait dans son monde irréel. Qui y serait resté si Maria n’était pas arrivée bientôt avec Calvin, et l’avait pris dans ses bras.

    Sarah avait rejoint sa place. L’ange avait été rappelé à Dieu. A son bien-aimé.

    Peter&Sarah to Nate :

    « Nate, es-tu fier de nous ?
    Lorsque tu te lèves le matin, penses-tu à nous ? T’ébouriffant les cheveux, tes yeux se posant sur la maison où tu as vécu toute ta vie, te rappelles-tu de notre présence ? Notre fils, le fruit de ce que nous sommes, le souvenir de nos personnes.
    Nate, nous aimes-tu ?
    Nous aurions tellement voulu vivre avec toi, te faire connaître notre expérience, t’emmener voler, peut-être. Nous pensons que c’est dur pour toi, dur de vivre sans avoir connu ton père et sans avoir eu le temps de bien connaître ta mère. Mais, nous avons la certitude que tu sauras te rappeler de nous. De te figurer nos êtres, avec l’exact ressemblance de l’illusion que tu as créé ce jour-là.
    Nate, ne nous pleure pas
    Ne perds pas ton temps à être triste pour nous. Nous sommes heureux et nous veillons sur toi. Voir couler tes larmes nous rendrait si triste. Tu dois marcher la joie au cœur, la joie comme étendard. Parce qu’un mutant vit trop de choses tristes pour se lamenter sans cesse.
    Nate, bats toi
    Bats toi pour ceux que tu aimes, pour ce que tu aimes. Sois la force de certains, la faiblesse d’autres. Nous savons que tu répandras le bonheur autour de toi, car tu es notre ange. L’être le plus merveilleux qu’il nous ait été donné de connaître.
    Nate, tu deviendras quelqu’un de magnifique, nous en sommes certains. Ne t’égare pas, notre enfant, ne t’égare pas dans ton monde illusionnaire…
    Nous t’aimons, plus que tout, Nate »


    °oO Chapitre 2 Oo°

    Nate, tu attends le soir avec impatience. Mais ce n’est pas ta faute. Lorsque tu penses t’endormir, tu poses les pieds dans un monde étrange. Là-bas, tout est plus beau. Là-bas, c’est toi le roi. Parce que quand tu veux très fort qu’un petit chien vienne jouer avec toi, il arrive. Parce que lorsque tu veux que l’herbe soit violette, elle l’est. Parce que lorsque tu veux que tes cheveux aient la même couleur que la prairie, ils le sont. Dans ce monde, ta mère et ton père vivent encore. Calvin te prête tous ses jouets. Et tu es triste. Parce que quelque part, tu sais que tout ceci n’est pas vrai. Tu te rappelles encore le contact froid des doigts de Sarah mourrant dans tes bras. Et ça, tu savais bien que c’était réel. Alors, d’un coup, la prairie gèle. Et c’est là qu’il arrive. Le miroir. Tu te lèves, tu poses tes petits doigts sur cette surface lisse. Normalement, le petit garçon en face aurait du les lever en même temps que toi, il aurait du s’approcher lui aussi. Seulement, il se contente de te regarder, ses sourcils froncés, figés dans une colère que tu ne comprends pas. Il te fait mal. Tu sais que tu le connais, mais tu ne te rappelles plus. Tu sais qu’il est très important pour toi. Alors tu veux casser le miroir. Tu le veux tellement fort, tellement sincèrement, que le monde aurait du t’obéir dans la seconde. Mais rien ne se passe. Le petit garçon se contente de te regarder, de te sourire. Il avance son petit doigt vers le miroir, le pose juste en face de tes lèvres. Et la glace fond. Elle fond, et tu souris. Parce que tu vas pouvoir jouer avec ce petit garçon. Parce que tout ce que tu souhaites, c’est pouvoir toucher ton jumeau. C’est ton jumeau. Puisqu’il est le reflet du miroir, ton reflet, toi. La glace est trouée. Comme un morceau de beurre fondu. Alors, tu souris, tu t’approches et tu demandes…

    « Comment t’appelles-tu ? »

    Le réveil fut dur. Glacé. Aussi froid que la surface de la glace de l’autre monde. Mais ce n’était pas un rêve. Nate ne rêvait jamais. A moins qu’il ne vive dans un rêve… Enfin, là il était réveillé. Et une silhouette sombre se découpait devant lui. Il n’eut pas de mal à reconnaître Calvin, son meilleur ami. D’un coup, le souvenir de leur projet remonta dans la tête du jeune garçon de 7 ans. Ils avaient prévu de sortir sans Stan et Maria. Ils n’avaient jamais arpenté les rues de New York seuls. Il y avait toujours eu quelqu’un de plus grand. Hier, ils avaient décidé qu’ils étaient bien assez grands, qu’ils pouvaient aller voir le mutant qui faisait bouger les jouets tout seuls. Alors, Calvin avait décidé qu’ils se lèveraient très tôt, et qu’ils iraient dehors. Nate se releva d’un coup, plaquant sa main contre sa bouche pour ne pas rire. Heureusement, un chuchotement de son copain blond lui coupa toute envie de ricaner.

    « Bah, j’m’appelle Calvin, tu le sais bien ! »

    Les deux garçons se lancèrent un grand sourire puis allèrent se préparer. Nate eut tout le loisir de repenser au pouvoir de son ami. Il pouvait créer de la lumière, quand il le voulait. De la chaleur aussi. Il aurait bien aimé l’emmener dans son monde, pour qu’il fasse fondre la glace avant que le monde ne se referme…

    Avec le temps, ils avaient fini par comprendre comment déjouer le problème de la porte d’acier. Le futur punk réussissait à donner l’illusion qu’il n’y avait pas de bruits. Alors, Calvin sautait et ouvrait la porte le plus rapidement possible. Ensuite, Nate sortait et ils couraient le plus vite possible dans la rue après avoir fermé derrière eux. Ce soir ne fut pas une exception. Après leur folle course, ils s’assirent par terre, soufflant et riant. Lorsqu’ils se sentirent mieux, les deux compères se faufilèrent dans les rues de la ville, le cœur battant, les yeux agrandis, comme s’ils arpentaient pour la première fois ces plaques goudronnées dévastées par une nouvelle végétation qui prenait le dessus. Comme s’ils n’avaient jamais vu les grandes tours cassées, les mutants qui défilaient, en groupes resserrés, toujours en train de longer les murs. Car même dans leur communauté, ils avaient peur. Même ici, ils étaient


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MessageSujet: Re: exemple d'une fiche sur un forum rpg   Jeu 16 Aoû - 21:48

exclus. Seulement, tout ça, Nate et Calvin ne le comprenait pas encore. Pour eux, il était normal de ne pas marcher en plein milieu du trottoir en gambadant, il était normal de ne pas rire fort dans la rue, de ne pas y chanter et de ne pas y jouer avec leurs amis. Ce pourquoi ils filaient, se tenant la main, vers la maison de ce mutant qui les avait tant impressionné.

Le trajet se passa sans trop de mal, le seul problème ayant été une chute de Nate sous le goudron. Une chute, parce qu’il était préoccupé. Cependant, il n’y eut aucuns cris, aucuns pleurs. Et bientôt les petites mains des deux garçons frappèrent à la porte du monsieur. Mais ce ne fut pas le mutant qui vint leur ouvrir. Ce fut un Pinnochio en bois, un pantin marron au nez si grand qu’il fit sourire Nate.

« Vous pouvez entrer. Nous vous reconnaissons. »

Ils ne se firent pas prier. Sautant littéralement dans l’entrée, les deux enfants se débarrassèrent de leur écharpe et leur manteau et coururent derrière un petit chien tricoté, riant allégrement. Et lorsqu’ils furent arrivés dans la pièce où un homme les attendait, le petit garçon de sept ans se figea. Une pièce miroir. Une pièce remplit de glace, une pièce remplie de son reflet. Le mutant s’approcha d’un de ces miroirs, découvrit son reflet, son reflet qui était aussi étonné que lui.


Puis, il fut dans son monde. Devant ce jumeau qu’il voulait tellement étreindre. Ce jumeau qui était emprisonné devant le monde, devant la prairie qu’il ne pouvait pas arpenter. Nate sentit le contact chaud de ses larmes coulant sur ses joues. Il vit clairement le visage de l’autre s’arrondir sous la stupeur, avant de courir se coller à la glace.

« Comment t’appelles-tu ? »

Le deuxième lui souffla sur la vitre, y déposant de la buée. Puis, ses petits doigts vinrent tracer quatre lettres. Un N. Un A. Un T. Et un E. Ce que l’enfant lut comme

« Etan… Etan, nous sortirons… »

Un visage se plaça entre lui et son reflet. Un homme, assez jeune, lui adressait un sourire réconfortant, sa main posée sur son épaule, l’autre cueillant une larme sur les joues du mutant. Nate lui adressa un petit sourire, avant de voir que, dans sa main tendue, un petit oiseau en bois piaillait.

« Nous sommes tous tristes dans un certain sens. Mais je pense que si nous faisons des efforts pour sourire, alors, nous pourrons être heureux un jour. Tous ensembles… »

Tous ensembles… Avec Etan. Le mutant hocha vivement la tête et effaça les dernières traces des larmes qui avaient coulé sur ses joues, avant de rejoindre Calvin qui s’extasiait devant un cheval en fer

- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -
Nate revit Etan à chaque fois qu’il allait dans son monde. Parfois, il avait l’impression que son jumeau sortait de la glace. D’ailleurs, il se faisait souvent gronder par des inconnus parce qu’il aurait été soi-disant violent. Seulement, l’enfant ne s’en rappelait plus. Et cela inquiétait toute la petite famille chez laquelle il vivait. Alors, de plus en plus, le mutant se mit à fuir, sortir seul dans les rues. De ses sept ans jusqu’à ses neuf ans, il apprit beaucoup de tours dans la rue, comme comment voler dans un marché, comment rafistoler certains objets qui paraissaient cassé. Et il se fit connaître grâce à son talent impressionnant à la guitare. Un talent qu’il travaillait évidemment. Avec un vieil instrument qu’il avait trouvé dans une poubelle et qu’il avait réparé, le jeune garçon avait appris, en visualisant des méthodes sur un appareil électronique volé, la seule fois où il avait été dans la ville des humains. Lorsqu’il jouait sur la place centrale de la communauté, Nate gagnait de l’argent. Cela lui faisait extrêmement plaisir de ramener ce gain à Maria, Stan et Calvin. Il se sentait plus à l’aise chez eux. Comme s’il payait un loyer. Son amitié avec le petit blond ne cessa d’accroître. Calvin était celui qui le défendait lorsque lui préférait se taire et accepter. Seulement, il ne trouva pas les mots pour empêcher Natounet de faire cette bêtise, l’année de ces huit ans. Les deux compagnons traînaient dans la rue, l’illusionniste portant sa guitare contre lui, comme si elle était un bébé à protéger. Ils avaient pris le chemin du marché, comme d’habitude. Mais ce jour-ci, Calvin avait été frappé par un adulte inconnu, comme ça, alors qu’il réchauffait les mains de Nate qui allait jouer. Et alors que son ami blond gisait au sol, le mutant s’interposa entre cet imbécile et son presque frère. Ses yeux affichant cette tranquille distance qui resterait figée sur son visage, il donna l’illusion à ce gros plein de soupe que Calvin n’était plus là. Mais apparemment, il n’en avait pas besoin. Puisque l’homme sortit une liasse de billet et leur lança, un sourire cruel collé au visage.

« J’vous les donne si vous accepter de prendre ce travail. Devenez les souffre douleurs de mon fils, pour qu’il devienne quelqu’un de fort. Vous serez rémunérés. Et puis de toutes manières, vous saurez bien vous guérir, monstres ! »

Nate haussa un sourcil. Il jeta un bref coup d’œil à Calvin qui se relevait et venait près de lui. Annulant l’illusion, il repéra un éclat dans les yeux de l’homme. S’ils n’acceptaient pas, les deux enfants seraient battus lâchement. Et ils étaient trop loin du marché pour être protégés ou entendus. Alors, l’illusionniste approcha sa petite menotte des billets, les enserra dans ses doigts et déclara.

« Ok je viens. Laissez Calvin tranquille

- Non je viens aussi ! Nate, faut pas !

- Tu penses qu’on a le choix ? »

L’adulte éclata d’un rire sale et gras et lâche la liasse de billets verts. Si les deux enfants avaient cru qu’il s’agissait d’une somme intéressante, ils se trompaient. A l’intérieur de son monde, Etan serra les dents. Nate les serra aussi, mais plus d’anxiété et de curiosité. Il pensait bien que son jumeau sortirait un moment ou un autre lorsque ce travail leur ferait vraiment du mal. Ainsi, peut-être comprendrait-il ce qu’il se passait avec son corps. Ce qu’il se passait avec son reflet. Les deux amis n’eurent pas le temps de réfléchir davantage. L’homme les attrapa par le bras et les emmena de force, les obligeant presque à courir derrière lui. Evidemment, ils n’iraient pas en ville. Ils allaient être enfermés dans une ruine, comme des vulgaires objets, puis l’homme emmènerait son fils. Ou alors, il était déjà là. Enfin peut importait, puisqu’au final, ils allaient être rabaissés. Cela, Nate n’en avait vraiment rien à faire. Mais il ne jurerait pas pour Calvin, et surtout pour Etan. Peut-être qu’enfin, la glace se briserait. Peut-être qu’il allait apprendre à se connaître, pour de vrai…

Ils furent jetés, violemment, dans une pièce. Calvin avait immédiatement installé une boule lumineuse, et s’était mis sur ses gardes. Mais ils ne pouvaient rien faire. Ils avaient accepté ce travail. Alors Nate s’approcha lentement de son ami et lui prit la main, en hochant la tête. Ils n’avaient qu’à affronter cela ensemble. Ensuite, ils ramèneraient beaucoup d’argents à Maria et Stan. Ils seraient de nouveaux heureux. Alors qu’il allait dire tout cela à son ami, un garçon gras entra à son tour dans la pièce. Comme s’ils étaient tous trois dans un ring, les enfants se regardèrent dans les yeux. Nate, indifférent. Calvin, colérique. Et ce fils de riches, heureux. Comme si le fait de pouvoir faire ce qu’il voulait à deux mutants était la chose la plus extraordinaire qu’on puisse lui donner.

« Bande de monstres ! Vous ne méritez pas de vivre ! Mon père et moi, nous vous détestons »

Ah très bien. A Sarah aussi on lui avait dit qu’elle ne méritait pas de vivre. A Maria aussi on avait dit cela une fois dans la rue. Et pourtant, ils étaient tous là. Evidemment, pour son ange de mère, ça n’était pas la même chose. En tous cas, ça n’était pas ça qui allait énerver l’illusionniste. Celui-ci haussa même un sourcil en direction du garçon, qui sembla perdre de sa superbe, tout d’un coup.

« Vos mères sont des putains ! Aucunes femmes respectables ne peuvent mettre au monde des êtres comme vous

- Etait.

- Quoi ?

- Ma mère est morte, et ce n’était pas une putain

- Et la mienne, elle t’emmerde »

Comme si le fils de riche n’avait attendu que cela, il se mit à sourire. Un sourire cruel qui n’inspirait rien de bon à Nate. Alors, un fil de fer apparut dans les mains du fils de leur embaucheur. Un fil qui pouvait faire tellement de mal. Calvin dégagea rapidement sa main de celle de son ami, et se plaça devant lui, un geste vain pour le protéger. Il n’aurait pas du faire cela. Parce qu’évidemment, il n’y avait pas qu’un fil dans les outils donnés à cet enfant. Un couteau apparut bientôt lui aussi, avant de trancher l’air vers Calvin. Le blond fut tiré en arrière par un illusionniste dont le cœur se mit à battre rapidement. Cela dégénéré. Finalement, ils auraient du rester dans la ville et se faire tabasser, même s’ils n’avaient pas gagner cette liasse de petits billets. Réalisant alors qu’il avait toujours sa guitare dans la main, Nate s’avança et s’en servit comme bouclier.

« Laisse toi tuer ! Laisse toi tuer »

Un coup le toucha au bras, tranchant sa chair avec une aisance inégalable.

« NAAAAAAAAAAAATE »

Etan ne devait pas s’inquiéter autant. Etan ? C’était lui qui avait crié ? Nate ouvrit les yeux, et les posa sur sa praire violette. Il remarqua rapidement qu’ici, il n’avait rien au bras. Puis, il s’avança comme toujours vers le miroir lisse. Avec un petit sourire, il plaça sa main sur cette surface sans défauts et laissa quelques larmes couler sur son visage.

« Désolé, c’est ma faute. »

La vitre se brisa. En un million d’éclats, le verre tomba au sol, s’effaçant sans bruit avant même de toucher la prairie. Etan lui sauta dans les bras. Il allait tout arranger. Il ne fallait pas culpabiliser. Leur ami Calvin irait bien. Etan le protégerait. Il était en colère.

Ils étaient en colère.

La guitare s’abattit sur la tête du riche avec un fracas retentissant. Puis ce fut le silence complet. Calvin ouvrit grand la bouche. Parce qu’il venait de comprendre que ce n’était plus Nate devant lui. C’était cette deuxième personne qui arrivait parfois, cette personne constamment en colère. Le petit garçon qui allait les sortir d’ici. La main du deuxième Nate s’éleva dans les airs et l’illusion d’un couteau apparut. Un couteau qu’il avait pu rendre tranchant. Ce type aurait réellement l’impression d’être tranché. D’être tué. Et apparemment, il ne comptait pas se laisser faire. Jetant toute sa graisse devant lui, il sauta sur Etan. Les deux roulèrent à terre, frappant dans le vide, frappant avec tout ce qu’ils pouvaient. Et tout d’un coup, quelque chose frappa l’illusionniste. Douleur. Le fil de fer venait de mordre sa lèvre, perçant un trou pile en dessous de sa lèvre inférieure. Puis, il était entré dans sa bouche, créant un boulevard ensanglanté dans son corps. Sur son visage. Dans sa bouche. Ses dents arrondirent l’objet qui heureusement, se cassa au niveau des doigts de l’enfant. Etan s’énerva. Etan se releva et sans un mot, ses yeux seuls lançant des éclairs il chuchota

« Je vais te tuer »

Et ces mots, ces mots qui avaient du sens, quoi n’étaient plus de simples menaces, effrayèrent le gosse de riche. Il alla se recroqueviller dans un coin de la pièce, tremblant de tous ses membres, le couteau abandonné devant les pieds d’Etan. Qui s’avança

« Arrête ! »

Nate s’élança, dans la prairie, s’élança jusqu’aux frontières de son monde. Il attrapa la main d’Etan, le tira de toutes ses forces. L’emmena dans leur monde. Posant sa main sur le front du petit garçon en colère, l’enserrant contre lui, il se mit à le bercer et à chuchoter

« Stop. Il ne faut pas. Stop. Deviens gentil Etan. Tu es libéré de la glace, maintenant, tu peux vivre ici. Sois gentil »

Et puisque Nate était le roi, Etan devint doux. Il devint plus que cela. Prenant à son tour le contrôle de la prairie, le jumeau devint un être endormi, un être pur. Parce qu’il était libéré. Parce que la deuxième personnalité de Nate n’était qu’une illusion. On essaye de l’expliquer, mais en réalité, on ne comprend pas. L’illusionniste lui-même ne sait pas. Ils sont perdus. Au moins, ils s’aiment.

Et ils sont gentils…

Il était tombé par terre. Puis il avait tremblé fort, jusqu’à ce que la douce chaleur de Calvin ne l’enveloppe. Nate perdit connaissance. Son meilleur ami- il l’apprit plus tard, réussit à les sortir du bâtiment et à courir jusqu’à chez eux, avec le petit garçon sur le dos.

La glace était brisée. Nate apprenait la douleur que procurait un percing…

°oO Chapitre 3 Oo°

Fake Pearl. Ce nom te paraissait tellement porteur d’espoir, tellement beau. Parce que tu ne comprenais pas ce qu’un institut rempli de personnes comme toi pouvait avoir de faux. C’était comme une sortie, la sortie de New York. Comme une entrée, une entrée vers le bonheur. Avec un peu de chance, tu te disais que tu pourrais rencontrer des gens qui pourraient voir ton monde eux aussi. Tu voulais être le héros qui emmènerait toute la communauté de la ville avec toi. Tout te paraissait simple. Tu avais la promesse de progresser, de faire d’Etan et toi des jumeaux tellement fort. Les rois de votre monde deviendraient encore plus puissants. C’était ce que tu voulais. Pour protéger les autres, pour te faire accepter même en devenant ce petit punk à la figure percée. L’idée que l’endroit pouvait être une prison t’a-t-elle effleuré une seule fois ? Etan était contre votre départ. Il y avait tellement de choses à faire à New York au lieu d’aller s’enterrer sous l’eau. Mais toi tu l’as ignoré. Tu es parti en courant, Calvin sur tes talons, pour aller parler à Maria et Stan. Evidemment, personne d’autres qu’Etan ne s’est méfié. Mais ce n’est pas de votre faute. Lorsqu’on est dans vos cas, on ne pense pas à tout cela. Toi, tu n’aurais pas mangé dans la main de cet homme, tu ne lui as pas fait confiance si facilement. Toi, avec comme percing, l’anneau de ta mère, tu as été heureux de savoir que tu pourrais peut-être rencontrer des anges là-bas. Ne t’en veux pas, Nate, ce n’est pas ta faute si l’illusionniste a cru en une illusion. A cru en Fake Pearl, l’institut de l’éternité, la prison aux barreaux dorés…

« Non ! Ne faites rien ! Je veux le garder ! Je mettrais l’anneau de maman… »

Nate agitait ses mains devant lui, parlant bizarrement à cause de ce morceau de fer qui était toujours fiché dans sa lèvre. Il empêchait Maria de s’approcher avec sa pince démoniaque. Et, alors qu’elle lui lançait un sourire amusé, ce sourire que le jeune garçon n’avait pas revu depuis sa bêtise d’aller se faire embaucher par un riche, il éclatait de rire et se mettait à courir dans la maison. La mère de Calvin le suivait, riant elle aussi, sa pince étrange dans la main droite. L’illusionniste usa de son pouvoir pour semer la femme. Et il entra d’un seul coup de pied dans l’ancienne chambre de ses parents. Un certain pincement au cœur le prit et il arrêta presque instantanément de rire. Il entendait Maria qui s’amusait toujours, courant derrière un faux lui dans la salle à manger. Un doux sourire s’empara de ses lèvres alors qu’il allait s’asseoir sur le lit deux place sur lequel reposait la nouvelle guitare qu’il avait trouvée et rafistolée. Il effleura de ses petits doigts la surface rugueuse du bois mal verni et se tourna vers un petit meuble. La table de nuit de Sarah. S’y dirigeant en rampant sur le lit, il sortit le désinfectant en patch de sa poche. Il voulait garder ce percing. Il avait l’idée de mettre l’anneau d’oreille de sa mère. Et ni Maria ni Etan ne l’en empêcherait. Son rictus ne décidant pas de le lâcher, Nate effleura le tiroir de la petite table et l’ouvrit lentement. Il ébouriffa ses cheveux de jais avant de prendre un petit coffre sur ses genoux. L’ouvrant avec d’infinies précautions, il posa le regard sur les quelques objets de valeur de sa mère. Dont cet anneau. Normalement une boucle d’oreille, il était en argent et des sinuassions étaient gravées tout le long de l’objet. L’illusionniste avait déjà vu des gens porter des anneaux à leur bouche. Et cela lui plaisait. On pouvait même dire que cela lui plaisait énormément. * Eh bien qu’est-ce que attends, retire ce bout horrible de fer et met ton joli anneaux * Etan n’avait pas à s’impatienter. Nate devait d’abord désinfecter leur bouche. Serrant les deux, il délogea le fil de fer de sa bouche et tira, jusqu’à ce qu’il quitte définitivement sa lèvre. Sifflant de douleur, le petit garçon attrapa le patch désinfectant et le plaqua vivement sur sa lèvre, le pliant pour qu’il atteigne aussi l’intérieur de sa bouche. * Chochotte, ça fait pas si mal*. Nate se retint de rire. N’était-ce pas Etan qui avait manqué de tuer le petit richard lorsque le fer les avait percé ? * Ok j’ai rien dit*. Souriant, l’illusionniste s’empara de l’anneau, l’ouvrit et enlevant doucement le patch de désinfectant, le désinfecta à son tour avant de le placé dans le trou de sa lèvre inférieure. Il se sentait bien comme ça. * Y’a pas à dire, c’est la classe*. Riant de bon cœur, Nate se leva sur le lit et, attrapant sa guitare, commença à jouer une petite improvisation. Avant de remarquer que Maria était dans l’entrebâillement de la porte et le regardait avec ce sourire triste qu’ont les nostalgiques.

« En fait, ça fait bien, l’anneau sur ta lèvre

- Merci Maria »

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Nate n’avait pas fait que retrouver une guitare. Il avait également déniché un appareil moderne musical. D’habitude, ce genre d’engin n’était utilisé que par les riches de la ville. L’enfant avait donc été bien étonné de trouver l’objet dans une poubelle tout à fait banale, à la limite de la communauté. Seulement, après tout les efforts conjugués d’Etan et lui, la playlist amovible avait refusé de fonctionner. La petite machine était une sorte d’oiseau minuscule. Il avait donc trouvé refuge dans la poche du jeune garçon, qui ne manquait pas de retourner là où il l’avait trouvé. Jusqu’à ce que, finalement, ce soit lui qu’on découvre…

Ce matin, comme tous les matins, le garçon de 9 ans fut réveillé par Calvin. Bâillant, luttant contre Etan qui lui ordonnait de se rendormir, Nate sortit de ses draps et se déplaça dans toute la maison pour se préparer. Une fois habillé, lavé sommairement et sa guitare dans les bras, il sortit avec le blond, se dirigeant comme dans un éternel refrain vers la frontière de la communauté. Sur le chemin, les deux garçons parlèrent de tout et de rien, s’imaginant le futur comme il le voudrait, parlant de cette playlist qui refusait de fonctionner et du talent de l’illusionniste pour la guitare. Ils arrivèrent bientôt à côté de cette poubelle étrange, cette poubelle qui n’aurait pas du être utilisée. Et cette fois-ci, la poubelle n’était pas seule. Il y avait cet homme, en manteau noir et au chapeau lustré. Lorsqu’il avait vu les deux jeunes garçons, il s’était avancé, un immense sourire étirant ses lèvres qu’on aurait dit maquillée. * C’est encore pour ta pomme*. Ça, Etan avait raison. On aurait presque dit que le petit garçon attirait les problèmes comme une fleur attirait une abeille. En tous cas, cette fois-ci, ce ne fut pas le même genre d’ennuis. L’adulte s’arrêta pile en face de Nate et Calvin, et enleva son grand chapeau noir pour qu’ils puissent mieux le voir. Ses yeux étaient presque envoûtants, arborant cette couleur mordorée qu’on pouvait acquérir grâce à une simple opération. Et lorsqu’il se mit à parler, sa voix parut plus veloutée que n’importe quelle autre. * N’oublis pas Maman…* Sa voix était presque plus veloutée que n’importe quelle autre.

« Bonjour les enfants. Dites, c’est bien ici qu’on trouve la communauté des mutants New Yorkais ?

- Oui »

Une réponse sèche de Calvin. Le pauvre, il suivait sans cesse Nate dans ses chutes dans les ennuis, sans jamais pouvoir être tranquille à son tour. L’homme sourit à ce oui bref et posa son magnifique regard vers les habitations un peu plus loin. Un grand soupir s’échappa de ses lèvres et il planta son regard sur eux, comme une promesse de sûreté, comme une promesse d’avenir.

« Fake Pearl. C’est une école pour mutant. Une école où vous allez apprendre à être de bons garçons pour ne plus être exclus par les autres. Revenez ici, demain à la même heure, avec le plus de gens possibles. Pour faire marcher la playlist, il suffit de dire « Chante Bêta 2 » »

Calvin et Nate détalèrent comme des lapins en fuite. Leur course folle les mena en plein sur la place du marché, là où tous le monde venait, là où l’activité était la plus importante. Les paroles de l’homme leur avaient parues si pleines de sens, si justes, qu’ils n’avaient pas su quoi répondre. Mais maintenant qu’ils étaient en sûreté, il y avait un test qu’il devait faire pour bien voir que ce type avait été sincère. L’illusionniste sortit la machine de sa poche et la plaça devant lui.

« Chante Bêta 2 »

L’engin ouvrit deux grands yeux, comme des billes et battit des ailes pour se placer à hauteur des yeux des deux petits garçons. Ses mouvements auraient du paraître mécanique. Au lieu de ça, chaque battement d’aile était fluide, évoquant un véritable animal. * C’est trop étrange la technologie*. Nate était totalement d’accord avec Etan. Et il ne pu s’empêcher de sursauter lorsque l’oiseau ouvrit son bec et, après un clignement de ses faux yeux, dit

« Que voulez-vous que je chante ? »

L’homme n’avait pas menti…

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Le sous-marin était étrangement spacieux. A l’intérieur, de nombreux enfants et adolescents de New York regardaient de leurs yeux ébahis les parois dotées de coussins rouges étranges. Eux-mêmes étaient assis sur des sortes de bancs mous de couleur jaune. Ils allaient à Fake Pearl. Comme cela paraissait magnifique à Nate qui riait avec Calvin. Convaincre Maria et Stan avait été plus difficile que ce qu’ils avaient prévu, mais, après que les deux adultes les aient accompagnés à la frontière et rencontré l’homme en manteau, ils avaient changé d’avis. Un institut ! Une école ! Etan et lui n’étaient jamais allé à l’école. Même pas dans leur monde. Et puis, s’ils apprenaient bien dans cette école, ils pourraient sûrement faire revivre Sarah dans leur monde. Et Sarah les aiderait à faire revivre Peter ! Comme ça, Etan pourrait enlacer leur mère. Comme ce serait bien ! Pendant ce temps, Nate pourrait devenir un grand guitariste. Il explorerait tous les styles musicaux de la playlist et apprendrait à tous les jouer. Fake Pearl était une promesse de bonheur. Une promesse d’avenir. L’homme n’avait pas menti. Il n’y avait qu’à voir le luxe dans lequel les enfants étaient pour y aller. * C’est comme une poule qu’on engraisse avant de manger.* Au diable le pessimisme d’Etan ! L’illusionniste était heureux, et ce n’était sûrement pas son jumeau qui gâcherait ça. D’autant plus que lui aussi, pourrait bien grandir là-bas…

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Sans jamais oublier ou laisser de côté Calvin, Nate se fit des connaissances rapidement dans l’école. Helios devint rapidement un bon ami à lui, ainsi qu’Akihito. Au fur et à mesure des années, d’autres arrivaient et le jeune garçon se faisait toujours de nouveaux amis. Sa section, les M.U.S.E devint rapidement une deuxième maison pour lui, ainsi que pour son meilleur ami. Là-bas, il comprenait et aimait tout le monde. Tout se passait pour le mieux. Le plus amusant fut de voir l’illusionniste devenir punk au fil des années. L’année de ses dix ans, il commença à se teindre les cheveux, passant du rouge au vert et du vert au bleu, jusqu’à trouver le violet. Cette couleur devint sa préférée en même temps qu’Etan changeait la couleur de leur prairie en une couleur verte plus réaliste. Les années passaient lentement, et la figure de Nate gagnait en percings. Mais, jamais le punk ne se séparait de l’anneau de sa mère, fidèlement coincé dans sa lèvre. Et il ne faut pas penser que le jeune homme devint un élève studieux. Il se fichait totalement des cours, préférant de loin s’amuser et se faire une connaissance en béton de la musique. Bientôt, il aidait les commerçants de la ville pour se faire de l’argent. Jusqu’au jour où il pu acheter sa guitare. C’est l’objet le plus important de sa collection. L’objet que personne ne touche. Nate progressa évidemment dans la maîtrise de son pouvoir. Après 14 ans passés à Fake Pearl, il réussit quasiment à tout connaître de ses limites et de son don. Evidemment, Etan y était pour beaucoup aussi. Le jumeau prenait souvent le contrôle de leur corps, bien qu’il ne se sente pas à l’aise dans le monde qu’ils arpentaient physiquement.

Anecdote numéro 1 :

« L’élève Nate Sylver se voit doté de quatre heures de colles pour avoir volé les cigarettes de son professeur. »

A quatorze ans, on est les plus rebelles du monde. Du moins le croit-on. Et c’était comme ça que le présent punk s’était levé un matin à quatre heures pour aller se glisser dans la chambre de son professeur de dessin, pour lui voler ses cigarettes. Il ne savait pas ce qu’était devenu ce prof’. Mais il savait qu’il était tombé totalement accro à la nicotine. Et qu’Etan lui en voulait

Anecdote numéro 2 ;

« L’élève Nate Sylver se voit interdit d’aller en ville pour une semaine pour avoir bloquer l’accès aux tunnels permettant de rentrer dans les bâtiments scolaires. »

M’enfin, ce n’était pas la faute de Nate s’il y avait eu un énorme concert, si génial que lui et ses amis avaient décidés de court-circuiter le système de barrières dans les tunnels de verre ! Et puis, lorsqu’on a seize ans, on est toujours avide de fêtes. D’autant plus que ce jour-là, il s’était réconcilié avec Calvin. Ils avaient eu une dispute très débile.

Anecdote numéro 3 :

« L’élève Nate Sylver se voit doté de cinq heures de colles pour avoir été découvert en train de manger dans les cuisines de l’établissement très tôt le matin. »

Ça, c’était tout simplement le jour où Etan avait eu si faim qu’il avait pris le contrôle de leur corps. Nate ne s’en souvenait même plus, il devait dormir dans leur prairie.

Anecdote numéro 4 :

« L’élève Nate Sylver se voit une nouvelle fois collé, pour avoir été retrouvé saoul dans son dortoir. »

Et pourtant, ils avaient tout fait pour le cacher. Seulement, les M.U.S.E avaient fait une fête un peu trop arrosée, pour l’anniversaire de Nate. Et cet imbécile avait absolument voulu aller voir Camille chez les N.U.T.S pour lui donner une sucette. Un professeur l’avait entendu crier comme un égorgé, et il s’était retrouvé puni.

Anecdote numéro 5 :

« L’élève Nate Sylver se voit exclu de cours pour quelques jours, pour avoir été découvert avec un jeune homme dans une salle de classe »

Bon, là, c’était no comment. Mais quand on a envie, on ne peut pas se retenir, voyons !

2234. Vous connaissez tous Nate. S’il n’est pas votre ami, vous l’avez forcément croisé dans les couloirs, et avez forcément entendu parler de lui. De ce type bourré qui avait lâché que Fake Pearl était une prison. De ce garçon qui s’était saoulé à cause d’une adolescente qu’il aimait comme une petite sœur. Vous savez forcément que le punk est le grand frère de tous dans la section M.U.S.E. Vous savez qu’on le considère fou, et qu’on médit sur lui parce qu’il est ami avec les N.U.T.S.

Vous savez que Nate est resté enfermé quatorze ans à Fake Pearl, enchaînant conneries sur conneries.


Dernière édition par Mew le Ven 17 Aoû - 18:22, édité 1 fois
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Yuffie

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MessageSujet: Re: exemple d'une fiche sur un forum rpg   Lun 27 Aoû - 21:56

Mon Dieu... Si tu as une suite, je suis preneuse xD

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Mew

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MessageSujet: Re: exemple d'une fiche sur un forum rpg   Lun 3 Sep - 10:25

éhé x). Malheureusement c'était une fiche pour un forum rpg donc la suite est en forme de longs échanges de posts de 6 pages words chacun avec d'autres personnages xD ( impossible à poster ici quoi, et j'ai même pas tout). Mais un jour j'écrirai un roman avec ce perso xD
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Yuffie

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MessageSujet: Re: exemple d'une fiche sur un forum rpg   Lun 3 Sep - 19:47

Ce jour là je serais l'une des premières lectrice Wink
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MessageSujet: Re: exemple d'une fiche sur un forum rpg   

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